16 octobre 2008
Troisième mort, on attend encore la réanimation

(Picture by Karezoid)
Il faut croire que je suis encore salement innocente - non, naïve plutôt. On dit qu'on apprend de ses erreurs et pourtant, il semble que je n'y arrive pas ! Jamais deux sans trois : je me suis faite piéger comme une idiote une troisième fois. Alors halte à la stupidité : fuis ma fille, fuis !
Je suis terriblement incompréhensible. Chaque rupture arrive de la même façon, et je suis toujours consciente des signes avant coureurs, mais je ne fais rien ; je suis toujours là à attendre, à espérer que c'est différent, à me dire que je fabule... Ben non, rien à faire ! La vie est quand même trop bien faite pour te laisser souffler deux minutes, au contraire elle fait tout pour t'enfoncer. Parce qu'il faut bien noter que ça n'est pas la petite contrariété qui vient entacher ta vie. Non, au contraire, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Ces ruptures arrivent toujours dans les pires moments, lorsque tu es déjà plus bas que terre. Est-ce que je suis un aimant à merde ? Décidément j'ai pas fini de galérer. Celle-ci vient une fois de plus creuser plus profond ma tombe, porter le dernier coup de poignard.
En fin de compte, je crois que chaque rupture est une mort. Malgré le comique de répétition, et tout le baratin qu'on fait autour, c'est toujours aussi difficile. La même chose : je revois notre vie à deux, qui se déroule, défile sous mes yeux par flash-backs presque en détail - ce parfum qui me hante, ce contact qui me rassure, cette étreinte qui me manque et qui rend mes nuits si vides, ces projets de voyage... C'est à peine fini que ça me manque affreusement, que je regrette tout et rien, tellement trop. Je pense à ce que je voulais faire, ce que j'aurais voulu faire, mieux faire, toutes ces occasions manquées. Qu'est-ce que j'ai raté ? Ou ai-je dérapé ? Qu'est-ce qu'il faut reprendre ? Mais non ma fille c'est trop tard, tu n'auras pas d'autre chance. Tant pis pour l'immense culpabilité doublée d'incompréhension qui t'envahit et te submerge. Il n'y a rien à faire. Tout s'écroule, le petit monde en sursis que tu faisais tenir encore debout grâce à ce pilier se brise en s'écrasant au sol.
A chaque fois je me demande si je vais réussir à tout redresser, à me redresser, et surtout comment. Mais le tsunami rase une vie aussi facilement qu'une ville d'Asie du Sud-Est. Tout est insignifiant. Une mort de plus, les mêmes causes, les mêmes effets ; ma même inertie, la même douleur. Et je reviens toujours à ces interminables questions. C'est quoi ce monde pourri ? Qu'est-ce que je fous là ? Dieu merci je n'ai pas la force de passer sous un train ni de trouver une corde. Plutôt l'idée stupidement romantique de se laisser dépérir. Un voile tombe sur la vie et la recouvre de flou, donnant à tout un aspect distant et amer. Je suis profondément lasse ; je suis fatiguée de tout.
Et pourtant j'observe ce terrible paradoxe : la frustration a tendance à renforcer les sentiments. C'est là que je me rends à quel point je donne et j'aime, un peu, beaucoup, passionnément, c'est selon. Dans mon cas je savais déjà que je l'aimais, c'est si facile, mais ça vient faire éclater la vérité de façon plus brillante encore. C'est fini : moi je ne pense qu'à combien je l'aime, lui a déjà tout effacé, repart avec une autre... Et le pire est que je sais très bien que je ne peux pas évacuer mes sentiments, il n'y a rien à faire. Ça m'énerve toujours, à la fois de penser à ma naïveté, et de repenser aux erreurs qu'il a faites, aux maladresses... mais c'est vain. Car si la haine s'installe facilement, ce n'est qu'un leurre qui vient camoufler l'amour, mais qui ne le remplace jamais, et le fait encore moins partir. Je déteste cette contradiction interne, ce dégoût de moi, de lui, alors que je sais qu'un regard un geste me ferait complètement craquer, et qu'au fond de moi je désire ce contact qui n'a pas eu lieu depuis des semaines. Une fois de plus je doute de ce qu'il avoue, et surtout je déteste ce mur qu'il dresse : une fois de plus je n'ai pas eu droit à un face à face, je n'ai eu que des mots vides.
Oui, je crois que chaque rupture c'est la même chose. Un nouveau choc, trop inattendu, une nouvelle mort. Je dois toujours abandonner cette partie de moi, m'en amputer pour pouvoir partir et tenter de survivre sans elle, tout en sachant que je mettrai des mois à la reconstituer. Mais combien de temps il me reste avant d'être totalement vide et brisée ? Avant de n'avoir plus assez de force pour redresser ce monde ? "Ce qui ne te tue pas te rend plus fort." Reste à savoir si je réussirais encore une fois à m'auto-réanimer, et combien de petites morts je pourrais endurer avant la fin. Parce que je t'aime, et il me faut mourir pour oublier.
Commentaires
Je suis navrée que cela te soit arrivé, mais je t'assure que l'on s'en relève toujours.
Je suis passée par là avant de faire la bonne rencontre et je sais à quel point cela peut faire mal mais avec le temps, ta tristesse se transformera en quelque chose de fort, fais-moi confiance.
Prendre des coups durs nous fait avancer si on ne laisse pas abattre. C'est pourtant difficile de repartir la tête haute, mais le temps aidant, on se rend compte que c'était une étape dans sa vie qui a été utile même si elle n'était pas des plus agréables.
Courage à toi.
